HS 2 : Je ne bois pas.

Bonjour les louveteau !

Voici mon deuxième article hors série. Il s'agit cette fois du thème de l'alcool.

Pourquoi cet article ? Parce que j'en ai vu passer un ce matin qui, si l'idée et la volonté était bonne, ne réussit pas à faire passer le message.

Vin, bière, cidre, Ricard, le sacro-saint mojito, le panaché, le Picon-bière... Non. Je ne bois pas. Je n'aime pas le gout amer. Point. Je n'irais pas gouter un château Margot millésimé du couronnement du pape Charles-Xavier VIII, ce sera pareil qu'une piquette éventée.

Quand on dit qu'on aime pas le poisson, les épinards, les betteraves, les gens admettent, et passent à autre chose. Ce qui n'est pas le cas lorsque l'on dit qu'on aime pas l'alcool. A contrario, les gens acceptent plus facilement qu'un musulman refuse de l'alcool parce que c'est une raison religieuse ! (Pour mémo j'habite un petit coin de France où, malgré l'éducation, c'est mal vu d'être musulman - autre chose que blanc en fait -  hein).
Je devrais mettre entre parenthèse mon goût personnel, juste pour me rendre malade ? Pour faire plaisir aux cons ?



Avant d'insister face à quelqu'un qui vous dit "non merci, je ne bois pas.", demandez-vous ce que cela vous ferait si quelqu'un insistait lourdement pour vous faire manger de la cervelle d'agneau, de la panse de brebis farcie, ou encore, les araignées en mode Koh Lanta ?

Je vous entends d'ici "Maiiiiiiiiiis c'est pas pareil ! ". En quoi est-ce que ce n'est pas pareil ? Juste parce que je ne suis pas vous ? Pourquoi avez-vous du mal a accepter que je n'aime pas le goût de l'alcool, alors qu'il y a une minute, quand j'ai refusé le toast aux crevettes, ça ne vous a pas posé de problèmes ? Réveillez-vous à la fin ! 

Le problème étant que c'est une sorte de tabou de parler de ce que l'on subi lorsque l'on ne boit pas d'alcool. Comme je le disais un peu plus haut, pour une fois, être musulman, c'est la partie facile. Les gens n'admettent pas qu'on soit musulman, mais comme vous l'êtes, c'est normal de ne pas boire.
Bon, enceinte, en principe, c'est relativement facile aussi (quoiqu'il reste des irréductibles du "ça ne tue pas", comme dans ma belle-famille par exemple).
Pour le reste des alcools-free, c'est plus dur. Du "t'es enceinte ? " au "Tu sais pas t'amuser" en passant par "t'es coincée comme fille", "t'es pas normale", "tu sais pas ce que tu perds". Il n'y a guère que la mise enceinte qui ne concerne pas les mecs. Il y a mille et une raison de ne pas boire d'alcool.

La religion, effectivement. Enceinte, effectivement. J'aime pas. J'ai envie d'un coca/diabolo/chocolat chaud. Je me suis mis marave hier, j'ai envie de lever le pied. Après les fêtes tout le monde s'accorde sur le fait de manger léger, alors pourquoi pas "boire léger" après une miurge ? Mon père/oncle/frère/mère/voisin était alcoolique, j'ai peur de lui ressembler/je suis dégoutée à vie.



Qu'est ce que vous en avez à foutre ? Personne ne demande son cv à quelqu'un qui refuse les brocolis ! Contentez-vous d'un "ok". Non, ne rajoutez-pas le "c'est pas grave". "C'est pas grave", ça signifie que l'on vous a déçu. En quoi devriez-vous être déçu parce qu'on ne boira pas ce mojito (si à la mode en ce moment) ? Quand vous payez si généreusement une tournée générale, pour votre anniv, parce que vous avez touché 1000 balles au grattage, parce que vous avez enterré votre belle-mère, qu'est ce qui vous offusque dans le fait que je prenne un coca, sans le whisky ?
Nous ne sommes pas plus des enfants que vous en commandant un Vittel fraise (par ailleurs tellement meilleur en bistrot !), un lait-citron ou un chocolat chaud, un jus de pomme. Parce qu'en plus d'avoir le défaut de ne pas boire d'alcool, nous devrions nous contenter d'un Perrier (non, parce que boire de l'eau du robinet ça fait enfant aussi dans l'imaginaire collectif) ?



Est-ce que "être enceinte" justifie mieux le fait de ne pas boire que de ne pas en avoir envie ? Le fait de protéger notre futur enfant est plus toléré que se protéger soi-même ? C'est dingue. L'un n'est pas mieux que l'autre, les deux situations sont normales et devraient être acceptées de la même façon. De la même manière, ce n'est pas parce qu'on commande un diabolo-pamplemousse occasionnellement qu'on est enceinte. Même si c'est le cas, on n'a pas forcément envie de vous le dire, superstition des 3 mois, toussa...

C'est certain que quelqu'un de sobre ne se mettra pas minable de la même façon qu'un qui aura 3gr dans chaque veine. Pour nous, se mettre minable, ce n'est pas s'amuser. Et si VOUS avez besoin de picoler (même une coupette), pour vous décoincer, pour rigoler, pour aller danser, c'est que VOUS avez un problème. Pas forcément d'alcool, mais au moins d'estime de vous. De quoi avez-vous peur ? De vous souvenir que vous vous êtes déhanché ? Que vous vous êtes amusés ? Que vous avez pris un râteau ?



Celui que je déteste par dessus-tout c'est le "Tu ne sais pas t'amuser". Il me fait grincer des dents. Je suis un cas à part, d'abord parce que je ne m'amuse pas "comme tout le monde". Je n'aime pas sortir en boite, je n'aime pas danser en public. Je m'amuse quand je latte mes potes à Mario Kart. Je m'amuse quand je crapahute dans les arbres. Quand je lis un bouquin particulièrement drôle. A taper dans un ballon. Je ne vois pas l'intérêt de me mettre minable pour aller faire une activité qui ne me plait pas.

T'es pas drôle ? Toi non plus. T'es frigide ? Non. T'es juste pas sexy avec ton haleine de macchabée. T'es enceinte ? Non. C'est du gras. Tu sais pas ce que tu perd ? Je sais que je vais faire 200k likes sur Youtube à poster une vidéo de toi en train de déclarer ta flamme au poteau.

Je crois qu'un mec qui boit pas d'alcool subi encore pire. Quand le mâle alpha de la maison dit qu'il a tenu un bistrot avec sa mère, les gens comprennent. Mais un homme qui n'a pas ce passif "n'a pas d'excuse" aux yeux des gens. Le fait qu'il n'aime pas, passe encore (attention hein, ça passe... comme quand une femme dit qu'elle n'aime pas, avec son lot de réflexions). Mais s'il fait attention à sa ligne ? Si c'est pour plaire à sa compagne, c'est une chochotte qui se laisse mener à la baguette. Que dire d'un homme qui fait attention pour lui-même ? Je ne sais pas chez vous, mais dans mon coin c'est impensable. Les gens sont trop bouchés pour concevoir qu'un homme n'a pas envie d'avoir du bide. En même temps, ce sont les mêmes qui n'ont pas compris qu'un verre d'alcool c'est aussi calorique qu'un hamburger à 500kcal. 

Qu'est ce qui se cacher derrière cette personne alcool-free ? Un passif d'alcoolique ? Une maladie avec traitement incompatible ?

Qu'est ce qui vous pousse à insister lourdement pour savoir pourquoi on a commandé un Orangina-Menthe au lieu d'un rosé pour accompagner cette pizza ? Comme tout le monde ? Est-ce que ça va vous boucher le trou du cul ?

Le problème, quand on ne boit pas d'alcool, quelque-soit la raison, c'est qu'en France, l'alcool est une "tradition". L'apéritif, le digestif, le verre de rouge pendant le diner, le champagne pour une célébration, la bolée de cidre avec les crèpes, le verre avec les collègues. En famille, entre amis, entre collègues, avec des inconnus.
On invite une fille à prendre "un verre". On va boire un verre après le boulot. On annonce une grossesse et on sert le champagne. Le chef d'équipe nous invite à fêter la fin du projet autour d'un verre. C'est mal vu de refuser, mais c'est encore plus mal vu de commander un coca ! Le pot de départ, le vin chaud en hiver, un anniversaire, un samedi soir !


S'il vous plait. La prochaine fois que quelqu'un commande un soft au lieu d'un drink. Ne dites rien. Ne posez pas de question. Ne soupçonnez pas la grossesse. Ne pensez pas qu'il est malade. Dingue. Débile. Contentez-vous de trinquer avec cette personne, et de vous amuser.

Voilà.

A mardi la meute !  

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